18 juin 2013

François Loncle s'attaque aux Barbier et autres Giesbert

François Loncle avec Richard Jacquet et Bruno Questel son suppléant (au centre)
Le texte ci-dessous est paru dans le dernier numéro de Marianne, je le publie avec l'autorisation de François Loncle  :
« Le « Hollande bashing » (1) devient la spécialité des hebdomadaires. Le Point a ouvert les hostilités…dès le 17 mai 2012 ! Les autres news magazines ont, à leur tour entonné l’air de la calomnie. Accablant à foison le chef de l’Etat, ils rivalisent de unes assassines, d’images offensantes.
Ce lynchage est d’autant plus méprisable que l’intéressé ne peut pas répondre, au risque d’être accusé d’attenter à la sacro-sainte liberté de la presse. La critique par les médias de l’action présidentielle est en démocratie un droit légitime à une condition : que ce débat se déroule dans la décence et le respect.

Or, ces hebdomadaires ont remplacé l’analyse par la médisance, l’investigation par le clabaudage. Les journalistes ne sont plus des rédacteurs mais des détracteurs, plus des enquêteurs mais des procureurs. Ces Zoïle (2) zélés ne se contentent pas de dresser un réquisitoire contre le président de la République ; ils se livrent à une véritable entreprise de démolition.

Dans cette course à l’échalote, Le Point, qui appartient à François Pinault, l’un des invités du Fouquet’s, a sonné l’hallali, le directeur de la publication, Franz-Olivier Giesbert, se réjouissant  « d’avoir un coup d’avance sur les autres ». Puis L’Express s’est lancé, à son tour, dans la chasse à l’homme. Son directeur, Christophe Barbier, n’hésite pas à titrer sur « Les cocus de Hollande ». Enfin, Le Nouvel Observateur a pris part à la curée. L’hebdomadaire de Claude Perdriel n’hésite pas à interpeller le chef de l’Etat sur « ce qu’il mijote ».

Depuis des mois, ces magazines s’adonnent à une surenchère verbale et visuelle au point de confondre franchise et impudence. Ils se complaisent dans les attaques ad hominem : à « M. Faible » répond « Pépère ». Ils apostrophent le président, le tutoient, le rudoient.

Selon le site 365mots.com, trois quarts des unes que L’Express a consacrées, depuis mai 2012, au président de la République et la totalité des couvertures du Point sont négatives, alors que le traitement réservé à son prédécesseur apparaît nettement plus équilibré. Giesbert et Barbier n’ont jamais montré M. Sarkozy dans une position humiliante ou ridicule. Et Dieu sait si…Alors qu’avec François Hollande, les privautés et l’incorrection sont de règle.

Depuis une décennie, la presse écrite française traverse une crise profonde. Même s’il affecte particulièrement les quotidiens nationaux, ce marasme n’épargne pas les hebdomadaires. Ceux-ci affrontent la concurrence débridée des chaînes de télévision et des stations de radio d’informations en continu, des sites en ligne, de la blogosphère, des réseaux sociaux, des téléphones portables, des tablettes. Par leur réactivité, ces nouveaux médias conditionnent, désormais, la diffusion des nouvelles. Les magazines tentent donc de les concurrencer en versant dans l’outrance. Laurent Joffrin admet que le « Hollande bashing » poursuit surtout des visées vénales. Qu’importe l’honnêteté, la vérité, pourvu que le titre accroche.

Pourtant, cette stratégie commerciale s’essouffle. Au premier trimestre 2013, les ventes au numéro ont chuté de 7% pour Le Point et de 8% pour L’Express. Seul Le Nouvel Observateur s’en sort, grâce au scoop licencieux de Marcella Iacub. Le « Hollande bashing » ne paye plus : « M. Faible » n’a été vendu qu’à  63 000 exemplaires. Le Point semble regretter le vibrionnisme omniprésent de M. Sarkozy, un « bon client » dont les extravagances gestuelles et les débordements langagiers faisaient vendre. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer le tapage médiatique orchestré par le pouvoir pour la libération des infirmières bulgares et d’Ingrid Betancourt au retour décent et sobre de Florence Cassez et de la famille Moulin-Fournier.

La personnalité de François Hollande, sa conception apaisée du mandat présidentiel, son style consciencieux ont heurté les hebdomadaires. Leur amertume s’est alors retournée contre celui qui osait les priver de leur pitance.

Les news magazines mentent effrontément à leurs lecteurs, en les attirant avec un titre affriolant que les éditoriaux contredisent parfois. Laurent Joffrin admet, implicitement, faire montre d’hypocrisie. Reconnaissant le caractère « provocant » du titre « Sont-il si nuls ? », qui se réfère au membres du gouvernement, il répond lui-même à cette interrogation : « Non, ils ne sont pas nuls, mais trop lents ». Quant au Point, il a atteint un degré extrême de duplicité, en prêtant à l’hôte de l’Elysée la citation imaginaire « Oh ! J’avais oublié de vous dire !» qui sous-entend qu’il aurait volontairement menti par omission. Plus encore qu’une escroquerie intellectuelle, c’est une félonie. Cette falsification vise à berner le lecteur et à nuire au président de la République. Christophe Barbier ne s’en cache même pas : « Nous devons soit devancer l’actualité, soit la créer. » Ne serait-il pas encore plus simple de l’inventer carrément ?

Dotés d’un ego démesuré, ces patrons de presse suffisants autant qu’insuffisants s’imaginent en démiurges. En réalité, ils ne sont que des aventuriers de papier, des forbans de rotatives. Ces frustrés de la politique ne rêvent que de faire et défaire les gouvernements, de façonner et de manipuler l’opinion publique. Comme François Hollande  applique la ligne choisie avec les Français, ils se transforment en juges, en instruisant le procès en légitimité d’un président démocratiquement élu. Les hebdomadaires contribuent ainsi à nourrir le populisme et à favoriser les extrêmes en dévalorisant le chef de l’Etat. L’escalade verbale à laquelle ils se livrent sans vergogne contribue à saper les fondements institutionnels de la république.

Le « Hollande bashing » ne se justifie d’aucune façon. Comme l’a remarqué le sociologue allemand Ulrich Beck, « l'excitation des éditorialistes qui font monter François Hollande sur leur échafaud de papier paraît très exagérée et tout à fait intempestive. » Tous les sondages confirment que les Français apprécient, sur le plan personnel, un président  « déterminé », « sincère », « courageux ». Sur le Mali, il a été perçu comme « convaincant ». Dans l’affaire Cahuzac, il a agi promptement dès qu’il a eu les preuves. C’est un homme combatif et opiniâtre. Il tient un discours de vérité. Conscient de la gravité de la crise, il sait que sa résolution nécessite du temps. Quitte à exaspérer ces hebdomadaires versatiles qui se repaissent de l’instantané, du futile et du trivial. Il inscrit son action dans le long terme et doit être, en conséquence, évalué sur la durée de son mandat.

Depuis son élection, François Hollande a déjà accompli de substantiels changements. Il a réorienté la politique européenne, instauré le dialogue entre les partenaires sociaux, créé des emplois jeunes, réalisé la Banque publique d’investissement, établi le contrat de solidarité, institué le mariage pour tous…

Que les hebdomadaires cessent, enfin, de se dévoyer. Qu’ils retrouvent honneur et dignité. Qu’ils redeviennent le fleuron de la presse française. Sinon, ils risquent d’être encore brocardés par le dessinateur Joann Sfar caricaturant Christophe Barbier confessant à une rédaction nerveuse : « Et malgré tous nos efforts, nous n’arrivons pas à faire des unes aussi c… que celles du Point »...»

 François Loncle, Député de l’Eure, Ancien Ministre


(1)  ou dénigrement systématique du président de la République

(2)  critique d’Homère

17 juin 2013

A Villeneuve-sur-Lot : faire barrage au Front national


Faire barrage au Front national par la constitution d’un front républicain. Le candidat UMP, en danger au second tour de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, n’hésite pas à solliciter ouvertement les suffrages des électeurs socialistes. Les responsables de ce parti sont d’ailleurs d’accord avec lui et appellent à battre le candidat de Marine Le Pen passé, en une année, de 17,5 % des suffrages à plus de 26 %. Même si la participation au premier tour de cette partielle a été faible (46 %) il n’en demeure pas moins que le candidat FN fait courir un risque certain à l’ancienne circonscription de Jérôme Cahuzac dont la démission et les turpitudes n’en finissent pas de gâcher cette fin de printemps au PS.
Je souligne toutefois, que la ligne du candidat UMP est sensiblement différente de celle adoptée par Jean-François Copé. Souvenons-nous. Le président de l’UMP, confronté au choix d’un socialiste ou d’un FN, a proposé la théorie du ni-ni. Ni l’un, ni l’autre. Autrement dit, pas de Front républicain. Pas de désistement en faveur d’un homme ou d’une femme de gauche. Cette proposition, largement contestée par certains ténors de l’UMP, dont Fillon et quelques autres, démontre la haine recuite de Copé pour la gauche et ses représentants. Le candidat UMP de Villeneuve-sur-Lot ne devra pourtant son salut qu’à un excellent report des voix de gauche sur son nom, sinon…
Lors de l’élection partielle de Beauvais, les électeurs socialistes n’ont pas hésité à apporter leurs suffrages au candidat FN. Ce dernier a même réalisé un score historique avec plus de 47 % des voix ! Je ne connais pas le candidat UMP du Lot. J’imagine qu’il est plus fréquentable que le dénommé Mancel, connu pour ses démêlés judiciaires et raillé pour ses propos aussi excessifs que ceux du candidat du Front national. Il a donc quelque chance.
La majorité socialiste absolue à l’Assemblée nationale n’est plus que de trois sièges. Jean-Marc Ayrault peut encore gouverner mais avec le temps, les convictions s’effritent et la peur d’une défaite aux élections suivantes peut rendre fragiles les plus convaincus des député(e)s. Les municipales se profilent, ce sera la vraie première épreuve de la majorité actuelle. Ne craignons pas les élections. Elles sont la respiration de la démocratie. Les majorités doivent y défendre leurs réalisations et leurs projets, les oppositions mériter de leur succéder. Le flux, le reflux, éternel mouvement des marées…

15 juin 2013

A Louviers, on suit les méandres de l'affaire Tapie avec attention


L’affaire Tapie devient les affaires Tapie. Non pas que Nanard soit plus embêté qu’un autre car avec ses 403 millions d’euros, il peut voir (provisoirement ?) l’avenir en rose, mais ceux qui ont permis cette forfaiture, comme dirait François Bayrou, ont du souci à se faire. Outre Estoup, l’ancien magistrat devenu arbitre, Stéphane Richard (actuel PDG d’Orange) et M. Rocchi, ancien président du Consortium de réalisation, mis en examen pour escroquerie en bande organisée, il semblerait que M. Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur, l’homme lige de Nicolas Sarkozy soit lui aussi sur la sellette.
Je ne parle pas des tableaux, des primes mensuelles en espèces, et d’autres petites tracasseries qui doivent nuire au sommeil de l’ancien secrétaire général de l’Elysée. Claude Guéant a été à la manœuvre — si je puis dire — pour adopter la solution de l’arbitrage (très favorable à Tapie) sur ordre vraisemblable de l’Elysée. Mais comme Sarkozy est protégé par son statut de président de la République (à l’époque) il demeure inattaquable judiciairement. Dans ces cas-là, que se passe-t-il ? On s’en prend aux lampistes. Christine Lagarde est de ceux-là. Même si elle « bénéficie » actuellement du statut de  témoin assisté, il est possible qu’au fil du temps et des investigations, l’ancienne ministre soit moins protégée.
On sait maintenant que l’arbitrage a permis de dédommager Tapie au-delà du raisonnable. Les arbitres, MM. Mazeaux, Bredin et Estoup, surtout le dernier nommé, risquent d’y perdre bien plus que les 300 000 euros touchés pour leur ouvrage. Il risque de perdre leur honneur, ce qui est tout de même bien dommage pour des serviteurs de la République et du droit.
Et Tapie ? Il rigole. Il se moque bien de la décision du gouvernement de contester l’arbitrage devant la cour d’appel. Il se moque bien du sort des protagonistes qui lui ont permis de faire des folies avec un argent coulant à flot. Je rencontrais hier un ancien cadre de l’usine Wonder dans une rue de Louviers. Il me racontait ce qu’il pensait de Tapie, acheteur d’une usine qu’il s’est dépêché de vendre avec un super-profit. « Ce n’est pas un homme d’affaires, c’est un affairiste. » On ne saurait mieux dire.
Il va de soi, qu’à Louviers, ceux qui ont perdu leur emploi par la faute de Tapie suivent les méandres judiciaires avec attention. Bien que le sort de leur ancien patron soit sans doute loin de leurs préoccupations quotidiennes, il serait juste que la bête noire de Jean-Edern Hallier (1) venu à Louviers pour dénoncer les manipulations de Nanard paie à son tour le prix fort de ses turpitudes.
(1) Jean-Edern Hallier était en effet venu vendre son journal « l’Idiot International » à la sortie des usines Wonder pour dénoncer ce qu'il considérait comme un scandale.

14 juin 2013

Louviers aussi a son grand timonier


(photo DR)
La photo de la Une de la Dépêche d’hier m’a bien fait rire aujourd’hui. On y voit le maire de Louviers, Franck Martin, tenir la barre du Marité, jouant au capitaine de voilier, le seul navire normand, précise le journaliste, participant à l’Armada rouennaise. Le Nirvana, quoi ! Le vent lui raconte l’histoire de marins couverts de gloire. Il y est, il s’y croit.
Sans revenir en détail sur l’aventure et la rénovation, de la cale aux mats, de l’ancien Terre Neuva fécampois et sur son coût exorbitant, je souhaite simplement confirmer mon opposition citoyenne à la participation financière de la CASE à ce projet devenu réalité grâce aux efforts de M. Martin, président du groupement économique créé pour l’occasion. Il va de soi que la restauration du Marité, au-delà du défi artisanal, demeure une lubie du grand timonier Martin à l’exemple de son ancien grand maître, lui aussi habitué des foucades, l’ancien président chinois Mao Tsé tung dit Mao Zedong dans le langage d’aujourd’hui. Franck Martin, ancien mao militant du temps de sa folle jeunesse, apprécie donc les métaphores marines autant que les citations latines.
Malgré les soutiens des maires de Martot et ceux d’ailleurs, je persiste et signe : à aucun moment, Franck Martin n’avait de légitimité ni d’intérêt local ou d’excuse historique pour s’engager dans le rachat du vieux gréement Marité et dans sa remise en état. Que les mânes de ses pairs lui aient légué l’amour des embruns et des pelletées de sel marin pour empêcher le poisson de pourrir n’autorise en rien Franck Martin à s’autoproclamer défenseur des vieilles coques. Il est maire de Louviers, pas maire de Fécamp.
La participation financière de la CASE est certes minime. D’ailleurs le bateau s’il est né Haut-Normand est devenu Bas-Normand. La ville de Rouen ayant retiré ses billes depuis longtemps et la région Haute-Normandie ayant d’autres dépenses plus urgentes. On aurait aimé que l’ancien président de la CASE mît autant d’ardeur à défendre des projets plus vitaux et plus locaux. Je sais bien qu’il raconte partout que la culture marine ou maritime n’est pas la plus répandue, que seuls les vrais marins peuvent comprendre ce qu’il en coûte de sueur et de sous pour la remise à flot d’un bateau attaqué par le temps et le désintérêt des hommes…désargentés. 
Il ne s’est pas trouvé beaucoup d’élu(e)s pour oser s’opposer à la tocade de l’ex-président de la CASE et lui demander de changer de cap. Les délégués n’en pensaient pas moins mais ne souhaitaient pas contrarier la passion de M. Martin pour le large de crainte de représailles. Ils connaissent ses réactions épidermiques même si depuis, M. Yung a pris le relais à la tête de la CASE et se montre plus conciliant.
Le 16 juin, les voiliers descendront la Seine jusqu’à l’embouchure. Si vous apercevez le Marité, ayez une pensée pour tous ces matelots et ces commandants de bord à l’image du capitaine de pêche Récher qui a si bien raconté (dans la collection Terres humaines) les souffrances de ceux qui passaient des mois en mer, par tous les temps, pour attraper des morues et faire vivre leurs familles. C’était autre chose que de se pavaner derrière un gouvernail pour la photo de…famille.

12 juin 2013

Les jeunes lycéens rolivalois aidés par la commune


« Ils se prénomment Ilkay, Jérémie, Marine, Sanaa et Hamza. Ces 5 lycéens rolivalois du lycée Marc Bloch, issus des quartiers de la "Politique de la Ville" (CUCS), ont passé hier à Paris le concours d’entrée à l’école ESMOD, Ecole supérieure des arts et techniques de la mode, fondée en 1841, la plus ancienne école de mode du monde et pas la moins internationale.

Les résultats sont tombés hier en fin de soirée et la parité de la réussite y est respectée : Ilkay AK, terminale ES et Marine DEMARE, terminale STG, tous deux habitants de  Val-de-Reuil, sont admis. Au nom du Conseil municipal, je veux leur adresser toutes nos félicitations pour leur réussite au concours d’entrée et mes encouragements pour mener à bien cette formation prestigieuse. Ils seront peut-être demain les Marc Jacobs, les Phoebe Philo, les Raf Simmons de demain.

Après l’atelier Sciences Po créé en 2008, avec le concours de mon ami regretté Richard Descoings, c’est un nouveau partenariat Ville / lycée / école supérieure qui se tisse actuellement. Il permet là encore d’ouvrir aux jeunes de notre commune la porte de filières d’excellence qui débouchent sur une formation, un diplôme, un emploi. Ce projet n’aurait pu se concrétiser sans le soutien de l’Institut Randstad, sans la passion d’un homme, Abdel Aïssou, son Vice-président directeur général, qui s'est rappelé qu'il avait été une remarquable sous-préfet en charge de la politique de la Ville dans le département de l’Eure. Ville et lycée l’en remercions chaleureusement.

La convention sera présentée au prochain Conseil municipal. Elle prévoit la prise en charge des frais d'études, soit 9 900 euros par an, par l'Institut Randstad ; l’octroi aux étudiants par la Ville de Val-de-Reuil d’une bourse annuelle de 1000 euros et l'accès à ses services pour un emploi d’été qui les aidera matériellement ; le financement par le lycée Marc d’un tutorat pédagogique en lien avec les enseignants de l'école de mode, ce qui représente un apport de 750 euros par an et par élève.

Grâce à cette mobilisation, cette année et pour les années à venir, des lycéens de la plus jeune commune de France seront admis et réussiront dans la plus ancienne école de mode du monde, celle qui fait que depuis que Adzam et Eve ne vont plus nus, des vêtements longs ou courts, noirs ou colorés, épais ou fluides disent qui nous sommes et ce que nous voulons montrer. Val-de-Reuil et Marc Bloch sont à la mode. D'ici que cela se démode, l'eau coulera sous les ponts rolivalois. »

Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil

11 juin 2013

La Ligue des Droits de l'homme de Paris écrit au préfet : « la couleur de la peau est-elle un délit ? »


« Monsieur le Préfet,
Au nom de l’ensemble des militants de la Fédération de Paris de la Ligue des droits de l’Homme, je tiens à vous manifester notre profond étonnement quant aux évènements qui auraient eu lieu le jeudi 6 juin à Barbes.
Les informations que nous avons pu obtenir, si elles s’avéraient exactes, font état d’une opération de police de très grande ampleur. Un impressionnant dispositif policier aurait bouclé le quartier de Barbes pendant 2 heures, entravant la libre circulation des résidents et des passants.
Entre 40 et 50 de personnes auraient été arrêtées et placées dans des bus spécialement affrétés pour cette opération. Plusieurs d’entre elles seraient désormais retenues dans le Centre de rétention administrative de Vincennes. Je ne fais pas état des informations qui laissent entendre que les contrôles auraient été réalisés de manière sélective, au faciès. Bref, il semblerait que les conditions de cette opération contreviennent à l’article 78-2 du code de procédure pénale. Sauf à penser que la couleur de peau soit en elle même un délit.
Vous comprendrez alors la vive émotion qui est la notre. Convaincu que notre République se doit de respecter les droits de tous, nous nous étonnons de cette opération dont la méthode fait davantage penser à une « rafle » qu’à une opération de contrôle d’identité. Ce d’autant plus que la veille nous avions pu rencontrer vos services à propos des conditions d’accueil des migrants et de travail du personnel préfectoral car nous constations que ces conditions ne favorisaient pas un accueil digne et respectueux envers les étrangers.
La ligue des droits de l’Homme défend une République respectueuse de ses valeurs et des droits de tous. Elle demande la mise en place d’une attestation de contrôle d’identité. Elle condamne fermement toutes opérations policières qui bien loin d’apporter une quelconque réponse à l’insécurité se traduisent par une stigmatisation accrue d’un public déjà fragilisé et entraîne une défiance accrue à l’égard des forces de police de la République.
Dans l’attente d’une réponse à notre interpellation, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de nôtre considération distinguée.

Julien Molesin
Président de la Fédération de Paris de la LDH

Retraite : « un choix injuste qui amplifie la récession »


« Quand on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps ! » C’est ce que vient, malheureusement de déclarer notre ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine. Cette phrase est inexacte. Dans le secteur privé, « on » ne peut pas travailler plus longtemps tout simplement parce que, dans la très grande majorité des cas, les salariés qui prennent leur retraite ne sont plus au travail. 
60 % des salariés du secteur privé sont en maladie, en invalidité ou au chômage lorsqu’ils prennent leur retraite : comment pourraient-ils choisir de travailler plus longtemps ? L’affirmation de Marisol Touraine se présente comme découlant du bon sens mais  n’a rien à voir avec la réalité sociale. Allonger encore la durée de cotisation amènerait les trois quarts des salariés du secteur privé à ne plus être au travail quand ils partiront en retraite. 
Pourquoi faudrait-il, de toute façon, obliger des salariés âgés qui ont le droit au repos, à rester au travail, alors que des centaines de milliers de jeunes sont à la recherche d’un emploi ? Il n’y a pas de « tabou » pour équilibrer nos retraites  affirme notre gouvernement. Il y a pourtant, hélas, un « tabou », c’est celui de l’augmentation des cotisations patronales dont notre gouvernement ne semble pas vouloir entendre parler, si ce n’est de façon infinitésimale. Le pacte de compétitivité a créé ce « tabou » depuis que 20 milliards d’euros ont été accordés aux employeurs sans aucune contrepartie. Il ne paraît plus possible, depuis ce « pacte », de toucher aux profits des entreprises et donc, en fin de compte, aux dividendes (170 à 180 milliards par an) versés aux actionnaires des grands groupes. 
Ce  choix est injuste et amplifie la récession parce que les actionnaires ne consomment qu’une faible partie de leurs revenus. Ce choix est dangereux parce qu’il va permettre à ces dividendes d’aller gonfler, comme avant la crise de 2007-2008, de nouvelles bulles spéculatives. Ce choix, enfin, est dramatique pour l’avenir de la gauche au pouvoir. Le MEDEF ne fera rien pour aider notre gouvernement, quelles que soient les concessions qui lui seront faites. Dès que les décrets d’application de la loi Sapin (l’Ani) auront sécurisé les licenciements, le patronat multipliera les plans sociaux. Le MEDEF fera tout pour que la gauche se discrédite auprès de son électorat, pour que la droite puisse revenir au pouvoir et faire une politique encore plus favorable au patronat.
Il faut revenir sur un choix aussi néfaste que celui du « pacte de compétitivité » qui empêche toute augmentation des cotisations patronales, que ce soit pour les retraites, la maladie ou la famille et coupe le gouvernement de gauche de sa base sociale, le salariat.
(Communiqué de Démocratie et socialisme)

6 juin 2013

La Fédération de l'Eure du Parti socialiste demande la dissolution des groupuscules violents


« La Fédération socialiste de l’Eure dénonce avec la plus grande fermeté le meurtre du jeune Clément Méric hier soir à Paris par un groupe de skinhead. Âgé de 18 ans, étudiant en première année à l’Institut d’études politiques de Paris, Clément était un jeune militant syndicaliste qui avait l'avenir devant lui. 
En ce jour de deuil, de révolte et d’immense tristesse, la Fédération de l'Eure adresse ses pensées les plus émues à la famille et aux proches de la victime. 
Aujourd'hui, le Président de la République a pris l’engagement solennel que l'ensemble des moyens de l’Etat sera mobilisé pour retrouver, poursuivre et condamner les auteurs de ce crime odieux. 
Parce que « plus jamais ça », nous demandons également et en accord avec le premier secrétaire du parti socialiste Harlem Désir la dissolution des groupuscules extrémistes violents et appelons l’ensemble des formations politiques de l’Eure à soutenir notre démarche. »



5 juin 2013

« Toutes les grandes fortunes de France négocient leurs impôts »


« Toutes les grandes fortunes de France négocient leurs impôts. Tout le monde le sait. » Cette phrase, prononcée par Henri Guaino, lundi soir lors de l’émission Mots croisés a laissé pantois Laurent Mauduit, journaliste économique de Mediapart et suscité cette réflexion de Corinne Lepage effarée : « et moi qui pensais que la France est un état de droit. »
Henri Guaino est un personnage atypique. Auteur des textes les plus polémiques de Nicolas Sarkozy — notamment le discours de Dakar mais pas seulement — l’ancien responsable de la DATAR est devenu député (dans une circonscription en or) et ne se prive pas de jouer les iconoclastes ou les provocateurs. C’est lui qui a dit du juge Gentil qu’il faisait honte à la justice et honte à la France ce qui lui vaut d’être poursuivi en diffamation devant le tribunal correctionnel où M. Guaino aura à s’expliquer.
Cet aveu concernant la négociation de toutes les grandes fortunes de France est d’un cynisme avéré. Cela veut tout simplement dire que la France compte des privilégiés, des avantagés, des protégés et que la loi ne s’applique pas de la même façon pour tous. Lafontaine l’avait dit : « selon que vous serez puissants ou misérables etc. » le problème c’est qu’on est en 2013, dans une République dont la constitution rend les citoyens égaux devant la loi et que contrairement à ce qu’affirme M. Guaino, Il n’était pas évident pour les quidams que nous sommes de constater un état de fait déplorable.
Je fais confiance à Laurent Mauduit et au site Mediapart pour remplir leur droit de suite et nous expliquer toutes les conséquences de cette tonitruante déclaration.

4 juin 2013

« Du Touvet (Isère) à Aix-en-Provence : nous disons Non à de nouveaux éloges de l’OAS »

« Au moment où s’ouvraient les négociations d’Evian pour mettre fin à la guerre d’Algérie, deux activistes, Albert Dovecar et Claude Piegts, membres des sinistres commandos delta de l’OAS, participaient à l’assassinat de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1961. Condamnés à mort, Dovecar et Piegts ont été exécutés le 7 juin 1962.
C’est précisément le 7 juin 2013 que le Collectif aixois des rapatriés – le CAR –, a choisi pour inaugurer à Aix-en-Provence un monument, de même nature que ceux de Nice, Toulon, Perpignan et Marignane, érigés à la gloire de tels assassins. La stèle sera installée dans la cour de la Maison du maréchal Alphonse Juin, propriété de la ville d’Aix, devenue véritable casemate de la « nostalgérie ». L’actuelle équipe municipale en a confié la gestion au CAR qu’elle subventionne abondamment. Coutumier des éloges de la colonisation et de l’OAS, le président du collectif, René Andrès, lance un appel pour l’inauguration d’un espace « appelé à devenir le haut lieu de la mémoire, et de la conservation, de la vérité du peuple Pied-Noir et Harkis ».
L’Association de défense des anciens détenus de l’Algérie française (ADIMAD) soutient cet appel. Ces irréductibles de l’Algérie française ont prévu de se retrouver, comme chaque année, début juin autour de la tombe de Claude Piegts au Touvet, dans l’Isère. L’hommage initialement prévu le 2 juin 2013, a soulevé de telles protestations qu’il vient d’être interdit par la préfecture de l’Isère. Ses initiateurs l’ont reporté au 9 juin, deux jours après la cérémonie d’Aix.
La Ligue des droits de l’Homme dénonce avec force ces tentatives de réhabilitation des anciens tueurs de l'OAS, autant que les dérives idéologiques sur les aspects positifs de la colonisation et les nouvelles instrumentalisations du drame des Harkis et de leurs enfants. Il est indispensable que soient officiellement reconnus, simplement reconnus, les crimes et méfaits qui ont accompagné la colonisation et la guerre d’indépendance de l'Algérie. Indispensable pour bannir en France toutes les formes de racisme que ces dérives alimentent ; indispensable pour permettre le renforcement des liens d’estime et d’amitié entre les peuples algérien et français, l’établissement d’une coopération active et sincère entre la France et l’Algérie ! »
(Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme)